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  1. La Communication Politique "Made In Monteb...

    [...] De la Une du Parisien Magazine au show industriel, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg bouscule les codes à Bercy. Impossible d’y échapper, le message est passé ; le ministre s’…  [...]

  2. Faber33
    Faber33 15 avril 2013 at 15 h 51 min | | Reply

    Bonjour,
    Félicitation pour cet exercice de décryptage assez juste.

    Permettez-moi d’en profiter pour compléter votre propos de trois points clefs.

    Tout d’abord, la réussite (car c’en est une) de la communication du ministre tient plus au fond qu’à la forme. Elle est en effet le résultat d’une action politique et de convictions anciennes de la part de l’intéressé, ce qui lui permet de continuer à tracer un sillon de plus en plus profond et d’être crédible vis-à-vis des acteurs du débat public (politiques, médias, citoyens…). Elle s’assoit également sur d’une part une compréhension assez profonde des tendances lourdes chez les citoyens français (sur la question de l’impuissance politique face à l’économie, sur la critique de plus en plus partagée des abus du processus de mondialisation, sur la volonté de retrouver de la fierté, sur l’envie de se retrouver sur des combats trans-clivage et fédérateurs, sur le besoin d’entendre un message et des idées incarnés dans des exemples concrets et pas seulement dans des idées abstraites, sur l’attente d’un peu de liberté de ton, de courage, de renouvellement et de sincérité de la part d’une personnalité politique…) et d’autre part un combat sur les idées et les valeurs, autrement dit sur sa capacité à faire émerger des sujets, des idées et des positions nouvelles et de faire bouger l’opinion (avec toutes les précautions qui doivent être prises avec ce concept « d’opinion »).

    Ainsi, pour comprendre parfaitement le message que vous exposez très bien dans votre billet, il faut remonter aux dernières années et notamment à la campagne des primaires (depuis fin 2010) au cours de laquelle Arnaud Montebourg a défendu le concept de démondialisation. La promotion du Made in France n’est ni plus ni moins qu’une traduction positive du concept de démondialisation (terme étymologiquement construit sur une négation) qui s’assoit pour son promoteur (notamment dans ses ouvrages « des idées et des rêves » et « votez pour la démondialisation ») sur la production, la relocalisation, le renouveau productif et la mise en place de règles et protections sociales et écologiques au niveau européen.

    Enfin, la mesure de l’efficacité d’une action politique et d’une communication ne peut se résumer à la question sondagière de la popularité. Je me permets d’attirer votre attention de futurs communicants professionnel sur ce point. Au-delà de ce concept de popularité (dont le niveau est soumis à variations, dont les outils de mesures sont légitimement sujets à caution et dont les interprétations qui sont faites par les acteurs du débat public sont par nature orientées), il faut regarder les niveaux de reprises dans les médias, les taux de notoriété (beaucoup plus facile et objectifs à mesurer) et enfin et surtout l’influence sur le discours du personnel politique (regardez à quel point des leader de droite par exemple ont commencé à arpenter les même thèmes que le Ministre ayant compris, au moins en partie, leur pertinence).

    Au plaisir de vous relire.

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