La politique de l’humour

Quoi de mieux que ce 1er avril pour parler de l’humour dans la classe politique. En effet, souvent utiliser pour détendre l’atmosphère, il peut aussi être utilisé à des fins plus marketing comme faire parler de soit ou casser une image trop sérieuse. Par exemple, le 1er avril est souvent l’occasion de lancer des canulars politiques ou autres farces.

 

La naissance du « poisson d’avril »

Poisson d'avrilTout le monde se souvient d’avoir, au moins une fois dans sa vie, porté un poisson d’avril dans son dos ou bien en avoir posé un dans le dos d’un camarade. Mais savez-vous d’où vient cette fameuse tradition ? Et bien je vais vous le dire ! Il résulte d’une décision politique. En effet, jusqu’en 1564, l’année commençait le 1er avril. Le 9 juin 1564, Charles IX, alors Roi de France, proclame l’Édit de Roussillon qui fait débuter l’année le 1er janvier.

Ainsi, par protestation ou habitude, certains continuèrent de fêter le 1er avril et s’offrirent alors de faux cadeaux. Mais, ceci n’explique pas le « poisson d’avril ». Tous le mystère rôde et continuera de rôder puisque l’on ne sait pas comment est apparu ce terme. Certains ont lancé des suppositions comme la prolongation du carême pendant lequel les chrétiens ne devaient manger que du poisson, mais personne n’a une réelle explication à ce phénomène.

Ce phénomène a dépassé la simple frontière de la blague entre citoyen. Les entreprises mais aussi les politiques l’utilise à des fins marketing. L’humour marque les esprits ! L’humour fait vendre ! Bref, l’humour plaît.

 

Le « poisson d’avril » en politique

Chirac ritEn 1992, une radio publique nationale américaine annonce la présentation de Richard Nixon, ex-président des États-Unis que l’on ne présente plus (voir le scandale du Watergate), aux prochaines élections présidentielles avec pour slogan : « I didn’t do anything wrong, and I won’t do it again. » (« Je n’ai rien fait de mal, et je ne le referai jamais). La radio a même diffuser un discours de Nixon pour sa représentation. Résultat, de nombreux auditeurs ont appelé la radio, interpellé par cette annonce. Il s’agissait en réalité d’un canular et la voix de Richard Nixon avait été imitée par un acteur américain.

En 1999, BBC Radio 4 annonce que l’hymne anglais va être remplacé par un hymne européen chanté en allemand. La canular a été si bien tournée que même le cabinet du prince Charles a téléphoné à la radio pour avoir une copie de cette hymne, qu’il s’est aussitôt empressé de démentir…

Plus récemment, l’année dernière, un député s’est mis dans la tête de proposer une loi pour « protéger les députés qui portent un nom d’animal batracien ». Le député à l’initiative de cette demande n’est autre que Jean-Frédéric Poisson. Un poisson d’avril qui n’a pas fait sourire son homologue à l’Assemblée nationale, Jean-Marie Tétart…

Au-delà du simple poisson d’avril, la politique n’hésite pas à mettre les deux pieds dans le plat de l’humour.

 

L’humour, arme de la politique

En effet, à droite comme à gauche, les politiques se servent de l’humour pour charmer la foule, pour faire passer les messages bien plus facilement qu’en les abordant sérieusement.

Ainsi, en 1988, le « prix de l’humour politique » voit le jour. Il est à l’initiative de la conseillère de Paris Jacqueline Nebout et décerné par le club de l’humour politique. Les premiers nominés sont alors :

  • Prix de logique : « Quand le moment est venu, l’heure est arrivée » (Raymond Barre)
  • Prix de bonne conduite : « Même en avion, nous serons tous dans le même bateau » (Jacques Toubon)
  • Prix de sciences naturelles : « La droite et la gauche, ce n’est pas la même chose » (Pierre Mauroy)
  • Prix d’excellence : « François Mitterrand est le spécialiste du piège à consensus » (Alain Juppé)
  • Prix du souvenir : « Voici que s’avance l’immobilisme et, nous ne savons pas comment l’arrêter » (Edgar Faure)

En 2002, il est rebaptisé « prix Press Club, humour et politique » et est décerné par le Press club de France, institution regroupant des passionnés de la communication, du journaliste au décideur. En 2013, les prix ont été remis à :

  • Prix Press club humour et politique : « Hollande est pour le mariage pour tous…. Sauf pour lui ! » (Gérard Longuet)
  • Prix spécial du Jury : « À l’UMP, nous apprenons la démocratie. C’est assez nouveau » (Jean-François Copé)
  • Prix des internautes : « Un gay qui vote à droite, c’est comme une dinde qui vote pour Noël » (Jean-Luc Romero)
  • Prix de l’encouragement :
    • « Il y a quand même des médicaments qui soignent ! » (Marisol Touraine)
    • « J’étais aux Baumettes. J’en suis sorti, à la différence des socialistes marseillais » (Jean-Jacques Urvoas)
  • Prix-Nocchio : « Pourquoi démissionner quand on est innocent ? » (Jérôme Cahuzac)

Ainsi, l’humour est monnaie courante en politique. Mais c’est aussi une arme que l’on retourne contre ces mêmes politiques.

 

L’humour pour dénoncer la politique

Bien que les politiques, comme nous avons pu le voir, possèdent leur prix de l’humour, ce ton peut aussi se retourner contre eux.

Les premiers à s’emparer de l’humour pour dénoncer sont les comédiens. En effet, à l’époque du Royaume de France, quiconque était contre le Roi était condamné. Ainsi, des artistes comme Molière, utilise la comédie pour dénoncer la vie et les décisions politiques. Plus récemment, Coluche n’hésitait pas à attaquer certains politiques dans ses sketchs. Les imitateurs se sont aussi mis à la politique. On ne cite plus les très célèbres Laurent Gerra et Nicolas Canteloup.

A l’arrivée du cinéma et du petit écran, les films prennent le pas sur le théâtre pour dénoncer à leur tour de manière comique la vie politique. Charlie Chaplin réalise notamment le Dictateur, film muet en noir et blanc sur l’Allemagne du temps de Hitler. Son film s’est vu interdire la projection dans les salles allemandes.

Les écrivains s’emparent aussi de l’humour. On peut citer notamment Don Quichotte de Cervantès ou encore Les Fables de La Fontaine. La littérature permet de faire passer un message par l’intermédiaire d’images et ainsi d’éviter la censure.

Enfin, la presse en use aussi. L’un des plus célèbres journal, que l’on ne présente plus, est Le Canard Enchaîné. La satire y est omniprésente pour parler des politiques même dans le slogan du journal « La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas ». Dans ce canard, à droite comme à gauche, tout le monde en prend pour son grade. Il n’y a pas de différence entre une Marine Le Pen ou un Olivier Besancenot, quand le canard a quelque chose à dire, il ne mâche pas ses mots.

Depuis, d’autres journaux satiriques on vu le jour avec plus ou moins de succès comme Charlie Hebdo ou encore Le Monte. Ce dernier détourne les politiques par le sexe.

Ainsi, nous pouvons constater que l’humour est une arme à double tranchant. Elle permet d’arriver à ses fins à condition de le consommer avec modération.

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