Keith Haring – The political line

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Icône du Pop art, artiste subversif et militant, Keith Haring (1958-1990), a inventé un langage immédiatement reconnaissable : ses bébés irradiants, ses chiens aux gueules de crocodile, ses bonshommes flexibles saisis de breackdance incontrôlable, représentés en de larges lignes noires sur fond de couleurs criardes.

Au-delà de cette légèreté apparente, ce sont bien les maux de son époque que Haring représenta, comme la drogue, le pouvoir subversif des médias, le racisme ou le SIDA, dont il fut l’une des nombreuses victimes.

La rétrospective parisienne qui lui est consacrée au Musée d’Art moderne de la ville de Paris et au Centquatre, nous incite à venir décrypter à travers près de 250 oeuvres, ses hiéroglyphes contemporains et  la nature profondément politique de sa démarche – « The Political Line ».

 ARTISTE VIRTUOSE & PROVOCATEUR keith_haring

Keith Haring fut l’un des artistes les plus célébrés de son époque. Il a été exposé avec Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat, Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg, Jenny Holzer et Daniel Buren, dès la Documenta 7 en 1982 et dans des musées et biennales du monde entier.

Virtuose du dessin, qu’il pratiquait depuis l’enfance, Keith Haring a étudié à la School of Visual Arts à New York. Travailleur acharné, il a produit plus de 600 oeuvres. Sans jamais faire de dessins préparatoires, écoutant de la musique, Haring peignait le nez collé contre la surface sans s’arrêter. Simple exécutant d’une chose plus grande que lui.

L’exposition s’ouvre sur une de ses premières œuvres, Manhattan Penis Drawings for Ken Hicks. Keith Haring a alors 20 ans et représente sa ville, New York en version phallique, crayonnée de bites architecturales, avec l’indication du lieu noté en dessous : « Je dessine des bites face au MoMA ». Pratique réitérée devant le célèbre joaillier « Je dessine des bites devant chez Tiffany ».

Des bites crayonnées donc, mais aussi des références : Alechinsky, Dubuffet, Matisse, James Ensor. Il partage également avec les dessinateurs des comics punk, tel Gary Panter, une obsession de la monstruosité, de la castration ou de la dévoration. Mais chez lui, la violence est toujours joyeuse, éclatante, tandis que la sexualité est au contraire plutôt inquiétante.

Haring élabora une écriture graphique en inventant une forme. Même si l’on peut suivre une certaine histoire de ces personnages, Haring retourne sans cesse la signification des symboles qu’il a établis au début. Ces personnages peuvent être généreux, avoir une grâce et devenir le dessin d’après, violents et informes.

 

ARTISTE ENGAGÉ

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« Je veux créer un art qui soit vécu et exploré par le plus grand nombre d’individus possible avec le plus grand nombre d’idées individuelles possible sur l’oeuvre sans qu’aucune signification finale ne soit imposée. »


Souhaitant que son art soit au cœur de la vie et qu’il reste toujours accessible à tous, les créations de Haring envahissent le métro, les murs de la ville, les réverbères, les voitures, afin de s’adresser au plus grand nombre. Il commercialisa même à partir de 1986 ses propres produits dérivés dans sa boutique
Pop Shop à partir de 1985.

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«Je préfère l’aspect poétique, imaginaire, à l’aspect politique. Je ne pourrai pas le faire uniquement sous cet angle et si je devais le faire, j’écrirais des slogans. Le dessin est pour moi bien plus ambigu et bien plus ouvert à différentes interprétations.»

Ses subway drawings étaient porteurs de messages de justice sociale, de liberté individuelle et de changement. Pour dénoncer les excès de la médiatisation, il représente en 1982 l’un de ses personnages en noir sur fond blanc, avec une télé à la place de la tête. Le dieu dollar est un monstre difforme qui mange les hommes. Le racisme lui inspire « Les dieux de la rage », où le personnage principal est noir. Il a brisé ses chaînes et monte sur un podium sportif en portant une grande couronne dorée.

Le parcours de l’exposition rend ainsi compte de ses prises de position. Il n’a cessé de lutter contre le racisme, le capitalisme et toutes sortes d’injustice et de violence, notamment l’Apartheid en Afrique du sud, l’homophobie et l’épidémie du SIDA.

Cette exposition laisse surtout éclater avec une intensité surprenante la force picturale de Keith Haring. Les messages et les idées politiques qu’il a véhiculés ont considérablement influencé les artistes, la société et chacun d’entre nous.

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3 Responses

  1. Dubreuil Christian
    Dubreuil Christian 8 mai 2013 at 16 h 41 min | | Reply

    Excellent commentaire, j’y cours!

  2. Caca
    Caca 27 novembre 2014 at 17 h 26 min | | Reply

    hakuna matata cette phrase est belle…

  3. tamere381753538
    tamere381753538 4 septembre 2018 at 15 h 51 min | | Reply

    ouuuuuuuuu commentaire asser bien donne ton num sale batar

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